D'ombres et de lumières

Présentation :

Programme musical :
Olivier GREIF : trio pour violon, violoncelle et piano (1998)
 - 1er mouvement : De profundis
 - 2ème mouvement : Java
Maurice RAVEL : trio pour violon, violoncelle et piano (1914)
 - 1er mouvement : Modéré
 - 3ème mouvement : Passacaille
Dmitri SCHOSTAKOVITCH : Trio pour violon, violoncelle et piano op. 67 n°2 (1944)
 - 1er mouvement : Andante, Moderato
 - 2ème mouvement : Allegro con brio

« Au centre de notre œuvre, fût-elle noire, rayonne un soleil inépuisable ».
Albert Camus, « L’énigme »

   La musicologue Brigitte François-Sappey a écrit à propos du XXème siècle qu’ « il dissimule un parcours complexe, d’ombre et de lumière, où espoir et désespoir se nouent comme deux lianes issues d’une même souche ». Nous avons choisi des pages musicales de ce XXème siècle tourmenté : le trio de Ravel (1914), le trio op. 67 n° 2 de Schostakovitch (1944) et le Trio de Greif (1998). Ce programme musical fort en émotions a suscité en nous un désir d’images ; soumettant notre choix à un ami photographe, Pierre Desvignes, nous avons ensemble donné naissance à ce spectacle « D’ombres et de lumières ».

   L’œuvre de GREIF, qui ouvre ce programme, est la seule pièce du compositeur pour la formation du trio violon, violoncelle, piano : chef-d’œuvre unique comme l’était naguère celui de Ravel. Construit autour de la cellule fondatrice de quatre notes correspondant au signe de Schostakovitch (ré, mi bémol, do, si), il partage avec celui de l’auteur russe le style pathétique et la truculence sauvage, dévastatrice.
Olivier Greif évoque son trio en ces termes : « Le titre « De profundis » a beau ne désigner que son premier mouvement, il donne pourtant sa couleur émotionnelle à l’œuvre tout entière (…). Aussi noir qu’il soit, ce désespoir est un absolu. A ce sujet, je reprendrais volontiers à mon compte cette phrase d’Albert Camus dans « L’énigme » : « Au centre de notre œuvre, fût-elle noire, rayonne un soleil inépuisable ». (…)La java du deuxième mouvement n’a de dansant que son titre. Il s’agit en fait d’une java complètement destructurée, morcelée, assassinée, funèbre. Pour tout dire, un fantôme de java. »

   L’esthétique de la musique de RAVEL, et plus particulièrement du Trio,  nous apparaît comme une mise en lumière des sons de par la richesse de ses couleurs harmoniques. Ainsi, nous retrouvons le chromatisme dans toutes ses déclinaisons. Le premier mouvement du Trio de Ravel nous transporte au royaume de l’espace et du temps, ballet en apesanteur d’une vie, d’une énergie bien au-delà de nous. La passacaille, fidèle à sa forme originelle d’un thème répété obstinément, incarne la mémoire ancestrale de notre monde. Un souffle lointain, organique, immémorial s’intensifie peu à peu en une révolte incarnée, charnelle, brûlante pour redescendre ensuite, chargée d’une dimension mystique, hors du temps.

   Pour clôturer notre programme, le scherzo du trio op. 67 de SCHOSTAKOVITCH, fait écho à l’œuvre de GREIF. Intitulé finalement « allegro con brio » afin d’échapper à la censure soviétique, vigilante quant à la production de toute musique pessimiste, ce mouvement est en réalité une danse qui dissimule sous son aspect brillant et endiablé, un cynisme grinçant.


Fiche technique :

 

Pour le trio violon, violoncelle et piano : 2 chaises, 2 pupitres, 1 banquette et  piano à queue, lampes de pupitres, rallonges électriques si nécessaire,
Pour la projection photo et vidéo : vidéoprojecteur, grand écran

Durée du spectacle : 45 minutes